Lucien Tonkens, 19 ans, s’apprête à vivre ses premières vendanges à la tête du domaine de Cheylus. L’exploitation de 30 hectares se trouve sur les hauteurs de Flaviac, entre Privas et Le Pouzin. Le jeune viticulteur poursuit l’œuvre de son père, Gerben, disparu fin 2024.
Lucien Tonkens, un jeune viticulteur de 19 ans au domaine de Cheylus
Il est né dans les vignes. Lucien Tonkens aide son père depuis l’enfance. Les vacances scolaires se passaient souvent entre les rangées de ceps, sur les pentes du plateau basaltique du Coiron. Cette année, la donne change : il est seul aux commandes avec sa sœur Valentine.
Le décès de Gerben Tonkens, fondateur du domaine en 1993, a bouleversé les plans. Le père et le fils devaient travailler ensemble. Lucien venait de terminer ses études au lycée viticole d’Orange, dans le Vaucluse. Il n’avait qu’une envie : reprendre ce métier aux côtés de son père.
Une transmission familiale après la disparition de Gerben
« Je suis né là-dedans », glisse Lucien, la voix posée. Il évoque les vendanges d'août, les matins frais, le bruit des sécateurs. Sa sœur Valentine partage la même mémoire. Ensemble, ils ont choisi de continuer l’aventure.
Le domaine de Cheylus, ce sont des murs de pierre anciens et des vignes accrochées aux contreforts du Massif central. Gerben Tonkens fut l’artisan de la reconnaissance du terroir de Flaviac. Ses enfants comptent bien poursuivre ce travail, avec leurs propres idées.
La préparation de la vendange 2026 dans le Coiron
À la mi-août, tout est prêt pour la récolte. Les raisins ont profité d’un été sec et ensoleillé. Lucien scrute les parcelles chaque matin. Il vérifie le taux de sucre, la couleur des pépins, la tenue des grappes.
Les 30 hectares s’étendent entre Flaviac et Saint-Julien-en-Saint-Alban. Cette zone, peu connue du public, donne des vins de caractère. Les sols basaltiques apportent une minéralité rare. Lucien connaît chaque parcelle par cœur.
Les cépages cultivés sur les hauteurs de Saint-Julien-en-Saint-Alban
La vigne s’exprime ici dans sa diversité. Le domaine travaille principalement des cépages typiques de la vallée du Rhône :
- 🍇 Syrah, pour des rouges puissants et épicés
- 🍷 Grenache noir, qui apporte rondeur et fruité
- 🥂 Marsanne et Roussanne, pour les blancs amples et floraux
- 🍊 Clairette, qui donne des notes d’agrumes et de fraîcheur
Cette année, la récolte s’annonce généreuse. Les pluies de printemps ont bien rempli les réserves. Les nuits fraîches d’août ont préservé l’acidité. Lucien espère une belle expression du terroir.
Une passion chevillée au corps depuis l’enfance
La viticulture n’est pas un simple métier pour Lucien. C’est une passion qu’il tient de son père. Il raconte les après-midis passés à tailler les vignes, les dégustations au chai, les discussions sur les cépages.
À 19 ans, il incarne une nouvelle génération. Celle qui reprend les domaines avec sérieux et humilité. Les cours suivis à Orange lui ont donné des bases solides en œnologie et en gestion. Le terrain lui a appris le reste.
Lucien ne sera pas seul pendant ces semaines intenses. Une équipe de saisonniers le rejoindra dès la fin août. La famille et les amis viendront prêter main-forte pour les journée décisives. Dans les vignes de Cheylus, l'esprit de famille demeure.
Entre tradition et modernité, la nouvelle génération vinifie
Le jeune homme ne renie pas les méthodes de son père. Il souhaite toutefois expérimenter des cuvées plus confidentielles. Des élevages en amphore, un retour aux vendanges en caissettes, une vinification plus douce : les idées ne manquent pas.
Le chai sera bientôt prêt à recevoir la récolte. Les cuves ont été nettoyées, le matériel vérifié. Les vendanges manuelles commenceront dès que les raisins auront atteint leur pleine maturité.
Flaviac et Saint-Julien-en-Saint-Alban suivront cette nouvelle étape avec attention. Le domaine de Cheylus représente un pan de l’histoire viticole locale. Avec Lucien et Valentine, cette histoire continue, portée par deux jeunes gens déterminés.

Journaliste spécialisé dans le tourisme viticole, formé à l’École de journalisme de Bordeaux. Il arpente depuis quinze ans les châteaux du Bordelais et les routes des vins de France. Son angle : raconter l’œnotourisme comme une aventure humaine, sans flatterie.