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Après une carrière de boucher-charcutier, Éric Cornesse cultive sa passion des vendanges depuis plus de quarante ans

Après une carrière de boucher-charcutier, Éric Cornesse cultive sa passion des vendanges depuis plus de quarante ans

Chaque année, en septembre, Éric Cornesse prépare ses sécateurs. Plus de quarante récoltes déjà au compteur. Pourtant, rien ne le destinait à la vigne. Il a d’abord été boucher-charcutier pendant toute sa carrière.

De la carrière de boucher-charcutier à la passion des vendanges

À 14 ans, Éric Cornesse entre en apprentissage chez un boucher. Il apprend à désosser, parer, ficeler. Il aime le travail bien fait et le contact avec les clients. Il ouvre ensuite sa propre boutique. Mais quel rapport entre un étal et une rangée de vignes ? Le mois de septembre, tout simplement. Comme beaucoup d’artisans de la région, il pose des congés pour la cueillette du raisin. Ce qui devait être une pause devient une passion.

Cinq leçons de vendangeur
  • Patience

    La vigne mûrit à son rythme. Rien ne sert de courir.

  • Geste juste

    Un bon vendangeur travaille vite, mais jamais dans la brutalité.

  • Respect du climat

    On ne maîtrise pas le ciel. On s'y adapte.

  • Solidarité

    Une équipe qui s'entraide récolte plus vite et mieux.

  • Fierté du travail

    Goûter le vin de sa récolte, des années plus tard, est une joie rare.

Le boucher-charcutier qui rêvait de vigne

Le métier de boucher-charcutier demande une précision de chaque instant. La vigne aussi. Éric retrouve dans les rangs une exigence semblable. Le geste du sécateur rappelle celui du couteau : net, franc, précis. Son habitude du travail manuel lui donne un avantage. Il s’adapte vite au rythme des porteurs de hottes.

Sa première vendange restera gravée. Il avait une vingtaine d’années. Une vigne de chardonnay, quelque part dans l’Aube. La fraîcheur du matin, l’humidité des feuilles, le parfum du raisin mûr. Une révélation. Depuis, il n’a manqué aucune saison. Quarante-trois années consécutives, sans exception.

Une expérience de viticulture longue de quatre décennies

La régularité fait la légende. Éric Cornesse peut raconter chaque année, chaque climat, chaque millésime. Il a connu les vendanges en paniers, puis les caisses plastiques. Il a vu passer les tracteurs enjambeurs et les nouvelles techniques de tri. Sa mémoire du terroir est un trésor vivant.

Un calendrier rythmé par la récolte

Pour Éric, septembre est sacré. Il organise sa vie autour de cette période. Même du temps de la boutique, il fermait les jours de vendanges. Il prévenait ses clients des semaines à l’avance. Il prenait des journées sans solde. La récolte passe avant tout. Résultat : il vit sa passion sans jamais manquer à ses engagements.

La transmission d’un savoir-faire artisanal

Au fil des ans, Éric est devenu un guide pour les jeunes vendangeurs. Il montre comment couper la grappe sans abîmer la vigne. Il explique les gestes qui préservent les futurs bourgeons. Cette tradition se transmet de bouche à oreille, comme dans son métier d’origine. Son expérience fait de lui un maître de stage naturel.

Ville-sur-Arce et Volnay : deux terroirs, une même dévotion

Éric Cornesse est attaché à deux régions. Il habite Volnay, en Bourgogne. Il vendange à Ville-sur-Arce, dans l’Aube. Deux mondes viticoles que tout oppose. La Côte de Beaune et les coteaux champenois n’ont pas les mêmes cépages, ni les mêmes méthodes. Mais le lien avec la terre reste identique.

Deux régions, deux façons de comprendre la vigne

À Volnay, le pinot noir règne. À Ville-sur-Arce, le chardonnay domine. Éric aime cette double culture. Elle lui donne un regard plus large sur la viticulture. Il compare les terroirs, les expositions, les dates de récolte. Cette ouverture d’esprit fait sa force.

Dans les deux appellations, la philosophie est la même : attendre la bonne maturité. Éric l’a appris à ses dépens. Il se souvient d’une année où la pluie a tout compliqué. Les raisins étaient gorgés d’eau. Il fallait pourtant les cueillir. Ce jour-là, il a compris que la nature décide toujours.

Ce que quarante-trois vendanges apprennent à un homme

Les leçons sont nombreuses. Éric aime les résumer à ses proches. Voici, selon lui, ce qui compte le plus :

  • 🍇 La patience : la vigne mûrit à son rythme. Rien ne sert de courir.
  • ✋ Le geste juste : un bon vendangeur travaille vite, mais jamais dans la brutalité.
  • 🌦️ Le respect du climat : on ne maîtrise pas le ciel. On s’y adapte.
  • 🤝 La solidarité : une équipe qui s’entraide récolte plus vite et mieux.
  • 🍷 La fierté du travail accompli : goûter le vin de sa récolte, des années plus tard, est une joie rare.

Cette liste, Éric la récite aux nouveaux venus dans les rangs. Elle résume son expérience de la viticulture. Elle prouve que la tradition et l’agriculture vont de pair. Le 22 août 2026, le journal L’Union titrait sur ses quarante-troisièmes vendanges consécutives à Ville-sur-Arce. Un bel hommage. Les rangs de vigne, eux, l’attendent encore.

Ce que quarante-trois vendanges lui ont appris

Faut-il un diplôme de viticulture pour vendanger ?

Pas du tout. Éric est boucher-charcutier de métier et il a appris sur le tas, en suivant les conseils des anciens.

Est-ce qu'il faut une tenue spéciale pour les vendanges ?

Des vêtements confortables suffisent. Des bottes ou de bonnes chaussures, un pantalon solide, et c'est parti.

Ça vaut le coup de se lever tôt pour vendanger ?

Les meilleures heures sont fraîches et le raisin est plus facile à couper. Éric adore ce moment calme du matin.

Comment concilier un métier à plein temps et les vendanges ?

Éric prenait des congés sans solde et prévenait ses clients des semaines à l'avance. Il fermait sa boutique pendant la récolte.

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4 commentaires

  1. Le parallèle entre le métier de boucher et la vigne est frappant. La précision du geste, la rigueur. Bel hommage au savoir-faire.

  2. Merci Valentin pour ce portrait touchant. 43 vendanges, quelle fidélité à la terre ! Ça donne envie de déguster un chardonnay de l’Aube.

  3. La fraîcheur du matin, l’humidité des feuilles… On y est. Ce passage m’a transportée dans les vignes. Un très beau récit.

  4. Quelle belle reconversion ! Le geste du sécateur comme un prolongement du couteau, j’adore cette analogie.

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