À 30 minutes de Reims, sur la Côte des Blancs, le village d’Avize abrite le domaine Fallet. Depuis l’été 2025, Thomas Crouzet en est le nouveau propriétaire. Ancien journaliste à L’Union, il a choisi de revenir à la terre pour faire revivre l’exploitation familiale.
Reprendre l’exploitation familiale, un engagement total
Thomas a passé son enfance à courir entre les rangs de vignes. Son grand-père cultivait déjà ces terres. Son père a ensuite vendu la récolte à une grande maison champenoise. Le domaine s’est endormi, mais la passion est restée.
Quand il a annoncé qu’il quittait le journal pour revenir à Avize, certains ont souri. Lui avait un plan. Il voulait vinifier ses propres champagnes, pas seulement vendre son raisin. « La viticulture, ça se vit, ça ne se raconte pas », dit-il.
- La taille
Chaque pied ne garde que deux coursons. Moins de raisins, mais plus de goût.
- L'ébourgeonnage
On supprime les pousses inutiles à la main. La sève se concentre sur les bonnes grappes.
- Les vendanges
Tout se cueille à la main. Les baies restent intactes jusqu'au pressoir.
- Le pressurage
Lent et doux, il donne un jus pur grâce au pressoir de 1930 remis en état.
- La vinification
Aucun ajout, aucun artifice. Le champagne repose de longs mois en cave avant de révéler ses bulles.
Un premier hiver au milieu des ceps
La reprise a demandé du courage. Il a fallu tailler des milliers de pieds de vigne, à la main. Les journées d’hiver sont courtes et froides à Avize. Thomas en a souvent vu le bout de ses gants. Chaque branche coupée rapprochait le domaine de son nouveau départ.
La vigne, une école de patience et de passion
Le jeune vigneron a fait des choix radicaux. Il a arrêté les herbicides. Il a cessé de labourer les sols pour préserver la vie souterraine. Aujourd’hui, les herbes folles cohabitent avec les ceps. Les insectes reviennent, les oiseaux aussi.
Un travail manuel minutieux
Le raisin gagne en qualité. Les baies sont petites, concentrées en arômes. Thomas travaille avec du petit matériel, souvent seul. C’est un travail d’orfèvre. Il faut observer, comprendre chaque parcelle. Le terroir se révèle à qui prend le temps.
- 🍇 La taille : chaque pied garde deux coursons.
- 🌿 L’ébourgeonnage : on enlève les pousses inutiles.
- 🌞 Les vendanges : tout est cueilli à la main.
- 🍾 Le pressurage : lent, doux, pour un jus pur.
- 🕰️ La vinification : sans ajout, sans artifice.
Le pressoir date de 1930. Thomas l’a bichonné. Il en sort des jus d’une grande finesse. Le champagne repose ensuite de longs mois en cave. La patience est la clef. Sans elle, point de bulles élégantes.
Une reconnaissance qui donne des ailes
En 2026, le nom de Thomas apparaît parmi les finalistes du titre de vigneron de l’année. Il ne s’y attendait pas. Il mesure le chemin parcouru. « Je suis content que mon travail et mon approche soient reconnus », glisse-t-il.
Ce concours met en lumière une viticulture sincère. Le public en redemande. Les amateurs veulent connaître le visage de ceux qui cultivent leur champagne.
Vendre en direct, pour rapprocher le vigneron du client
Le champagne du domaine est expédié directement depuis Avize. Pas de négociant, pas d’intermédiaire. Le prix est celui de la propriété. La traçabilité est totale. Chaque bouteille porte son histoire, son millésime, sa parcelle. Pour en savoir plus sur les règles de l’appellation, le Comité Champagne publie des guides complets.
Un gîte au cœur des vignes
Thomas a aussi aménagé un gîte au milieu du domaine. Les visiteurs dorment entre les rangées de vigne. Ils participent parfois aux travaux. Ils partagent le repas de la famille. Cette proximité est précieuse.
Le champagne retrouve ainsi son sens originel. Il est le fruit d'une terre, d’un climat et d’une famille. Thomas en est le messager.
Alors, qui a dit que la Champagne ne pouvait pas être une aventure familiale ?
L'ancien journaliste fait-il du bon champagne
Est-ce que ses champagnes se trouvent en grande surface ?
Pas du tout. Thomas vend directement depuis Avize, sans négociant ni intermédiaire. Le prix reste celui de la propriété et chaque bouteille indique son millésime et sa parcelle.
Il faut réserver longtemps pour dormir dans le gîte ?
Le gîte est aménagé au milieu du domaine et se vit comme une immersion. On participe parfois aux travaux, on partage le repas de la famille, on repart avec une autre idée du champagne.
Pourquoi ne plus labourer les sols, c'est vraiment mieux ?
Labourer détruit la vie souterraine. En laissant la terre tranquille, les racines travaillent plus profond et les raisins gagnent en concentration. C'est plus long, mais le goût suit.
Le champagne sans produits chimiques, ça tient la route ?
Thomas a arrêté les herbicides et laisse les herbes folles cohabiter avec les ceps. Les insectes et les oiseaux reviennent, et la qualité des baies augmente. La nature fait bien son travail quand on ne la contrarie pas.
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Journaliste spécialisé dans le tourisme viticole, formé à l’École de journalisme de Bordeaux. Il arpente depuis quinze ans les châteaux du Bordelais et les routes des vins de France. Son angle : raconter l’œnotourisme comme une aventure humaine, sans flatterie.
5 commentaires
La vigne se mérite, comme une rando. Chapeau pour ce choix de vie !
Bonjour Valentin, magnifique histoire ! Les oiseaux qui reviennent, c’est un signe qu’on fait les choses bien. Félicitations !
Bonjour Valentin, quel beau retour aux sources ! Est-ce que les herbes folles demandent plus de travail que les herbicides ?
Superbe décision d’arrêter les herbicides. Favoriser la vie du sol est essentiel pour un champagne de terroir. Avez-vous pensé aux couverts végétaux ?
Les insectes et les oiseaux qui reviennent, c’est magique ! Bravo pour ce choix, ça donne envie de déguster.